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Dans nos différents univers, réel comme virtuel, nous nous sentons parfois contraints de (dé)montrer que nous allons bien. Vous aussi l’avez-vous peut-être remarqué… Au travail, avec vos amis, et même sur les réseaux sociaux. Dans nos relations professionnelles ou dans nos relations privées, tous les jours, dire que l’on va bien est la norme. Rien que le fait d’exprimer un mal-être semble être la preuve d’une faiblesse.

Sommes-nous obligés de fonctionner comme des robots au sein d’un environnement où le masque semble être de mise?

Mais aller bien c’est quoi? Selon un psychiatre nommé Edouard Zarifian, aller bien nécessite que trois conditions soient réunies :

  • être en paix avec le passé (sans regrets ni remords)
  • apprécier le présent (aucun conflit ne me divise)
  • ne pas craindre l’avenir (avoir de l’espoir)

Avec un peu de recul, il est vrai que ces trois conditions semblent difficiles à réunir. Peut-être que seul le fou, incapable de discernement, serait capable de se sentir pleinement heureux à tout moment de sa vie. Êtes-vous ce fou? Ou êtes vous une personne considérée par ses pairs comme normale, avec une vie normale, qui répond : “oui ça va bien merci!” à la question “comment vas-tu?”.

Il est possible qu’en vous, les trois conditions énoncées ci-dessus soient pleinement réunies. Si c’est le cas, félicitations, vous êtes une femme, un homme, pleinement heureux. Si ce n’est pas le cas et que vous dites toujours “aller bien”, il se peut que le masque de l’aveuglement et du déni vous colle au visage. Ou peut-être que pour vous, dire et montrer que vous allez bien est de l’optimisme… une certaine forme de pensée positive. Si c’est le cas, que cet optimisme soit une force! Parler positivement est efficace du moment que nous prenons soin de nous… un optimisme ou la parole est en parfaite cohérence avec nos actes. Dans le cas contraire, il se peut que cet optimisme se retourne contre nous en prenant une fonction de voile entre soi et l’autre, de mur entre nous et nos émotions, risquant de nous empêcher d’avancer et de tendre vers une meilleure version de nous même.

Tendre vers une meilleure version de soi-même, tendre vers le bonheur est quelque chose qui est probablement ancré en chacun de nous, peut-être est-ce même dans nos gènes. Le développement personnel à d’ailleurs le vent en poupe, ce qui est une bonne chose. Dans cette pratique consciente d’évolution, rappelons-nous que nous sommes d’éternels élèves de la vie. Les plus grands sages le savent. Pourrons-nous seulement dire un jour : “Je n’ai plus rien à apprendre”?

Tentons d’être cohérents. Que ce nous montrons corresponde à nos états internes, à ce que nous ressentons. Nous ne sommes pas des robots mais des humains. Et là est notre force… En l’imperfection nous nous reconnaissons. Cette congruence permet d’une part d’être aligné avec soi-même, d’éviter le déni, et d’autre part de permettre à l’autre de nous tendre une main bienveillante.

Trouver cette cohérence entre ressentis et pensées, entre paroles et actes, n’est pas chose facile, mais la chercher est le point de départ qui fait de nous les êtres conscients que nous sommes.

Une chose est certaine, nous ne pouvons être heureux qu’avec l’autre. Dans le partage de soi, dans l’écoute de l’autre, dans l’entraide et l’amour. Nous avons besoin de l’autre comme l’arbre à besoin de l’eau, de la terre et du soleil pour se développer et s’élever.

Faisons tomber les masques, dévoilons nos failles et montrons toute la sensibilité que nous avons à notre égard et à l’égard de l’autre pour changer notre environnement professionnel et personnel. Vivons cette sensibilité pour plus de partage et d’entraide.

Prenez soin de vous.

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